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GILLES
TOUYARD
Le corps du délit
Les collaborations
de Gilles Touyard avec Boris Charmatz, Bernardo Montet
ou avec Laure Bonicel témoignent de l'intérêt renouvelé
du plasticien pour les formes les plus expérimentales
de la danse contemporaine. Avec une équipe extraordinaire
de performeurs (Boris Charmatz,
Julia Cima, Bernardo Montet,
Tal Beit Halachmi, Christian
Rizzo, Claudia Triozzi, Jean-Charles Dumay, Dimitri
Chamblas), Gilles Touyard propose au public une expérience
unique où l'improvisation sera reine.
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Vidéo : Gilles Touyard
: "Le corps du délit, c'est du brut de pomme"
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La démarche artistique
de Gilles Touyard
Démarche artistique
"Comment approcher
la danse dans son expression la plus naturelle.
Comment pousser le corps à s'affirmer comme un véhicule de
l'intention et une incarnation (au sens littéral, c'est-à-dire
une mise en chair) de la pensée.
Que faire pour que celui-ci soit habité par l'instant, et
sa finitude.
Comment stimuler une présence sans qu'elle n'apparaisse comme
une image réactivée.
Comment porter une écriture de la danse vers une perception
qui puisse être commune à tous, partagée par tous au même
instant.
Comment amener le danseur à interpréter son propre corps,
en somme, à ne pas le re-présenter, mais à se présenter réellement
et par là même à être saisi dans l'humilité et l'éclat de
sa fragilité ;la beauté de sa présence nue.
Pour tenter de répondre à ces différentes propositions, j'envisage
de mettre le danseur en suspend, c'est-à-dire, de le maintenir
hors de toute perspective en l'assujettissant au temps réel.
Le corps du délit, c'est plus
concrètement l'ensemble des cassettes audio contenant la dictée.
Celles-ci donnent lieu à ce délit et à ce défi des corps ;
à l'exposition de leur mise à nu. Cette compilation est aussi
la preuve retenue contre moi d'un délit de manipulation qui
n'a nul autre objet que de nous montrer le corps ou plutôt
l'expression de sa nature, c'est-à-dire de l'exposer exclusivement
investi de son vécu, plutôt que de le soumettre à la démonstration
d'un savoir.
De cette manière, la pratique du danseur sert et présente
un savoir être ou plus précisément un savoir laisser-être,
plus qu'un savoir faire. Nous sommes ainsi projetés dans le
"vif" des "sujets" ; dans la chair de la danse et des danseurs.
L'écriture devenant pré-texte à cette émergence. "

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