Les Antipodes drainent un public de passionnés,
d'amateurs, de curieux, d'experts et de néophytes.
Qui choisit quoi, et pourquoi?
Céline
Serrano a réalisé le film Cris
de Corps sur la création d'O'More.
Elle ira bien entendu voir les deux spectacles de B. Montet,
Parcours 2C et O'More,
ainsi que le Corps du délit
de Gilles Touyard, parce que c'est lui qui avait fait
la scénographie d'O'More.
Gwenaëlle
Magadur est une artiste installée à
Brest.
C'est elle qui a créé en 2000 la "ligne
bleue", figurant les contours des anciens remparts
de Brest, rasée par la guerre.
Elle veut "tout voir" du festival. Pendant
les spectacles, ou les répétitions, elle
prend des notes, une sorte de calligraphie du mouvement.
Elle a déjà participé aux marches
de Christine Quoiraud,
lors des Ateliers contemporains du Quartz en Novembre
2003. Les deux femmes avaient alors suivi cette ligne,
parlé d'écriture du geste, de calligraphie,
de la danse comme cristallisation de la volonté...
Gwenaëlle précise aussi qu'elle aime beaucoup
ce que fait Boris Charmatz...
Yannick
Martin, du groupe brestois Osaka, est aussi membre
actif du label Diesel Combustible Recordings. Il a sélectionné
4 spectacles, plutôt en rapport avec la musique:
Christian Rizzo : rien
que pour les titres , et parce que la musique tient
une telle place dans ses spectacles.
Et aussi: Slippin & slidin'
de Storm, parce que la programmation hip hop du Quartz
est toujours de très bon niveau.
"J'irai aussi voir la parade
hip hop dans les rues de Brest le 6 mars".
Hervé Thoby est professeur à l'Ecole
d'Arts de Quimper et photographe. Il travaille beaucoup
autour de la danse et a invité des danseurs comme
Christian Rizzo à rencontrer les élèves
de son cours.
"Mon regard étant façonné par l'art actuel et
par les imaginaires du corps que met en jeu la société
contemporaine -imaginaires traversés par la disparition
du corps en raison de sa sur-exposition d'une part ou
par des questionnements plus politiques de reconquête
d'authenticité de l'autre, pour faire court - je souhaite
voir le travail de Claudia Triozzi
et celui de Christian Rizzo
en premier lieu.
Chez la première, j'aime sa capacité à construire plusieurs
temporalités dans un même espace pour mettre en cause
cette sensation d'ubiquité que procure le temps présent
; et aussi la façon dont cette stratification organise
les allers et retours de l'individuel au collectif.
Chez Christian, c'est la dimension lyrique de son travail
qui me plaît, ce paradoxe d'un excès minimaliste
d'une élégance sans doute implicitement liée à un désir
d'opéra dont l'ombre plane sur: " Et pourquoi pas
bodymakers, falbalas,etc..." et sur l'interprétation
de : "Avant un mois je serai revenu...". Ce lyrisme,
déjà présent par la longueur des titres, est pour moi
inséparable de la manière dont Christian fait défiler
les corps pour créer les symptômes d'une"machine célibataire".
Dans l'un et l'autre cas, je crois qu'il est important
de souligner combien les monochromes de Cathy Olive,
en raison de l'espace psychologique qu'ils engendrent,
ont toujours une très forte dimension spéculaire au
regard de la nature des oeuvres qu'ils mettent en lumière
: rappelez-vous ce vert-jaune du spectacle de Triozzi
qui imprégnait les rideaux ou le rouge cinémascope et
aveuglant de Rizzo qui perdurait dans "Et pourquoi
pas...".
Enfin, et pour ne pas la connaitre parce que je n'avais
pu voir "Dreamparture" l'an passé, je souhaite voir
le travail de Raphaëlle Delaunay
et comment elle joue de ces hybridations, de ces métissages
avec la culture populaire brésilienne."
Xavier Cueff-Jigourel est
couturier . Il crée des vêtements pour
des particulier mais aussi pour des spectacles.
" J'irai voir Autant vouloir
le bleu du Ciel et m'en aller sur un âne,
de Christian Rizzo: rien que pour le titre du projet:
ça fait déjà rêver, ça
t'emmène quelque part, ça te raconte une
histoire avant même de commencer. Rien que dans
le titre, il y a des choses à voir"
Solo mais pas seule.
"J'ai découvert Christine Quoiraud en Novembre
dernier, à l'Atelier contemporain. Son travail
sur la marche me touche. Je marche beaucoup, c'est en
marchant que les idées me viennent... je vais
essayer de participer à la prochaine marche performance
(le 21 février). En Novembre, C. Quoiraud disait
qu'elle observait comment, dans un groupe de marche,
se formaient les solos, les duos... Pour l'instant,
je vois la marche comme un instant solitaire, un moment
très personnel, presque une thérapie.
mais qui sait... après une marche performance..."
Le corps du délit...
J'ai toujours aimé voir des castings de danseurs.
On leur demande d'improviser une danse, une chorégraphie,
un mouvement... C'est fascinant. Ici, dans le corps
du délit, c'est l'improvisation qui m'attire...
chaque danseur répond différemment.
O.More : j'ai vu un
documentaire sur
le câble (de Céline Serrano). Ça
a l'air très intense. Sur le docu, on voit le
travail préparatoire, il y a de la danse, des
cris, du texte.... J'aime bien le côté
très "mec", homme, viril. C'est une
histoire d'homme, avec des contacts physiques intenses.
C'est troublant, non?
Alisson
et Ophélie Renautsont
jumelles, en première au lycée de l'Iroise.
Elles pratiquent le hip hop depuis 4 ans et participent
à l'encadrement des cours de hip-hop pour les 8-12
ans à l'Astérie à Plougastel. Elles
participent d'ailleurs à la parade du 6 mars qui
descendra la rue Jean Jaurès.
Entre le lycée et la préparation
de la parade, il ne leur restait que peu de soirées
libres. Elles ont choisi d'aller voir le collectif Ex-Nihilo
au Fourneau, par curiosité pour cette
autre approche de la danse de rue. "C'est de la
danse DE rue, ou ils dansent DANS la rue? " Bonne
question...
Elles veulent ensuite enchaîner
sur Jeux d'Intention,
de Raphaëlle Delaunay. Elles connaissent des capoeristes
brestois et sont intriguées...
Immanquable pour deux passionnées
: Slippin & Slidin' de
Storm. Là, c'est la virtuosité qui les
attire. "Parce que ça fait rêver"...
"Peut-être qu'un jour, je danserai comme
ça".
Enfin, malgré la violence
du sujet de Ja,nee, de
Boyzee Cekwana, elles ont sélectionné
ce spectacle, parce qu'il"revendique": "Même
si c'est violent, c'est un spectacle qui montre son
opinion, qui passe un message sur ce qu'il se passe
chez lui. C'est bien de faire quelque chose qui montre
ton opinion".