
Photo : Alain Monot |
NEPTUNE
Marion Ballester
C'est de la planète
et du dieu des mers qu'il est ici question. Neptune
est l'une des quatre compositions de Philippe Manoury
(avec Jupiter, Pluton et La partition du ciel et de
l'Enfer) dans lesquelles ce musicien a poussé une recherche
très spécifique sur l'interaction en temps réel entre
instruments acoustiques et informatique musicale.
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| Si
le titre de la sixième chorégraphie de Marion
Ballester, assistante d'Anne-Teresa de Keersmaeker
après avoir été l'élève de Trisha Brown et dansé avec
Philippe Découflé, se confond avec celui de l'œuvre musicale,
c'est précisément pour signifier qu'avant de danser sur
la musique de Manoury, c'est de la musique qu'on dansera,
dans un corps à corps, en écho ou en décalage dans le
temps. Marion Ballester est invitée pour la première fois
au Quartz avec ce projet de création. |
>>> Neptune, au Quartz,
les 26, 27 et 28 février 04

Extraits du spectacle (
images de J. - Yves Varin). Voir la vidéo >>>
En vidéo : rencontre
avec Marion Ballester >>>
Les photos
du spectacle prises par Alain Monot >>>
Marion Ballester: à propos de
Neptune
Interview
L'équipe
+ sur Marion Ballester
Marion Ballester à propos
Neptune
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" Il s'agit de tendre un pont entre des architectures
sonores et des figures corporelles, de créer un objet
acoustique et charnel, de parvenir à une orchestration
des corps pour une œuvre totale où les musiciens et
les danseurs présents sur scène - dans un dialogue live
- s'unissent dans un ici et maintenant, pour créer un
objet dont la beauté tire son intensité de la richesse
et de l'étrangeté.
Pour moi, il s'agit de transmettre ce que je ressens,
d'impulser le goût de l'invention, de ne pas laisser
se perdre le fil de ce que je cherche, de donner les
pistes dont je pressens la justesse de l'écho qu'elles
donnent à la musique, de stimuler des élans d'imagination
pour susciter des réponses corporelles, de recueillir
des fragments de mouvements pour les orchestrer."
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Interview
Pourquoi avoir choisi
une œuvre musicale de Philippe Manoury comme matériau de départ
pour cette création ?
MB : J'avais envie d'une rencontre avec un compositeur d'aujourd'hui.
De me confronter non seulement à une œuvre musicale mais aussi
à la pensée d'un artiste vivant, à quelqu'un avec qui je pourrai
entrer en dialogue, quelqu'un que je puisse rencontrer, questionner…
J'ai rencontré Philippe Manoury par hasard. J'ai découvert
sa musique à l'occasion d'une représentation de son opéra,
Le 60e parallèle, à Reims. Neptune est une œuvre fascinante
à cause de l'ambiguïté de son interprétation : quels sont
les sons émis par les interprètes, quels sont les sons émis
par l'ordinateur, on ne le sait jamais vraiment… Qui influe
sur qui ? La partition est sujette à une transformation constante
puisque le jeu des interprètes influe sur le jeu de l'ordinateur
en temps réel. À l'inverse à la fin de la pièce l'ordinateur
restitue une partition enrichie des informations qu'il a reçue
précédemment et devient "autonome". La machine s'affranchit
d'une certaine manière de l'interprétation humaine.
Enfin j'ai choisi Neptune pour des raisons plus pratiques
: d'abord c'est une œuvre de percussions qui me semblait devoir
apporter de la dynamique sur le plateau, ensuite c'est une
œuvre pour trois interprètes et un ordinateur compatible avec
le projet d'avoir une musique jouée en direct (ce qui aurait
été impossible avec une œuvre orchestrale…).
Quels sont les interprètes réunis pour ce projet ?
MB: Trois filles et deux garçons venus d'expériences assez
différentes : il y a Anne-Cécile Douillard, complice depuis
plusieurs années qui était déjà sur le projet Bord à Bord,
une pièce précédente. Il y a Sarah Degrave qui a fait partie
entre autre de l'équipe des Carnets Bagouet et qui s'intéresse
beaucoup aux techniques d'improvisation dansée. Il y a Sandra
Delgadillo, une jeune danseuse flamande que j'ai rencontrée
très récemment qui m'a séduite par son côté "entier". Il y
a Maxime Rigobert qui a dansé avec Daniel Larrieu et Philippe
Decouflé et enfin Antonin Lambert qui j'ai découvert récemment
dans une pièce de Serge Ricci. C'est une équipe "ouverte",
avec la présence de personnalités avec qui je réalise pour
la première fois un projet chorégraphique.
Comment est-ce que
tu situes Neptune dans ton parcours récent ?
MB: Dans le processus de création c'est un projet qui a certainement
davantage à voir avec une pièce antérieure réalisée autour
de la figure de l'artiste Louise Bourgeois (Unconscious
landscape - 2000). J'aime la rencontre, le dialogue avec
l'altérité, la confrontation avec une autre discipline artistique
(la sculpture dans un cas, la musique dans l'autre…). Dans
le rapport de la danse à la musique, ce projet s'inscrit dans
une continuité : la pièce précédente, Bord à Bord,
reposait déjà sur une collaboration avec deux musiciens électroacoustiques,
Steve Arguëlles et Benoît Delbecq.
2 décembre 2004
Propos recueillis par Éric Defaix
 L'équipe
Musique
: Philippe Manoury
Scénographie : Renaud de Fontainieu
Lumières : Nicolas Simonin
Vidéo : Dominique Brunet
Costumes : Rachèle Raoult assistée
de Hanna Sjodin
Danseurs : Sarah Degraeve, Anne-Cécile
Douillard, Sandra Delgadillo, Marion Ballester
Musiciens : Conservatoire National
Supérieur de Musique de Paris (professeur Michel Cerrutti)
Informatique musicale : IRCAM
Assistant musical : Serge Lemouton
Production : Compagnie AoXoA
Coproduction : Le Quartz - Scène
nationale de Brest, Théâtre - Scène nationale de Saint-Quentin
en Yvelines, CCN de Créteil, CCN de Rennes
Avec l'aide de la Drac - Île
de France et de l'Adami.

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